Vieillissement et dignité humaine : deux notions corrélées

 

La France compte près d'un million et demi de personnes de plus de 85 ans. Face au vieillissement de notre population fleurissent bon nombre d’initiatives et de services visant à réinventer une société basée sur l’accompagnement de seniors plus impliqués dans la société.

Cependant, bien que certains aînés perdent en autonomie, il reste des personnes très fières qui, même s’ils ont besoin d’une présence ou d’une aide quotidienne, préfèrent ne pas en solliciter afin de conserver leur dignité. Explications.

 

Différentes représentations de la vieillesse

De nos jours, les représentations de la vieillesse varient en fonction des individus. Quand certains s’imaginent le vieillissement comme un affaiblissement progressif, d’autres, à l’inverse, pensent que c’est acquérir une certaine sagesse et apprendre à miser sur l’essentiel. La manière de se représenter le vieillissement n’est pas sans influence sur les images véhiculées autour de la vieillesse. Elle conditionne la relation avec nos aînés et en vient à moduler leur sentiment de dignité.

Les personnes âgées sont des êtres humains. Certains sont dépendants certes, mais toujours dignes. Or, en établissement comme à domicile, il peut s’avérer difficile pour les professionnels et aidants d’assurer les soins, de partager des moments agréables ou encore de surveiller les résidents tout en leur laissant un espace d’intimité et de liberté.

 

Améliorer le bien-être des seniors

Dans ce contexte, améliorer leur bien-être est devenu une priorité dans leur prise en charge, pour leur offrir une meilleure qualité de vie, leur proposer un accompagnement approprié, éviter l’isolement affectif et social et leur permettre de vivre dans la dignité. Le bien-être et la bientraitance des personnes âgées passent donc par le respect de leurs besoins, en matière de confort de vie, de soins, de nutrition, de loisirs, etc.

Il n’est pas étonnant que la dignité soit depuis plusieurs décennies à l’ordre du jour. Les personnes âgées craignent de devenir l’objet de la médecine ou de perdre leur sentiment d’utilité sociale en sollicitant de l’aide. A la fois elles craignent l’abandon, mais aussi la perte de leur dignité : deux notions controversées.

Pourtant le bien-être des aînés peut être amélioré par différents leviers très simples, avec notamment une forte composante humaine et de proximité.

 

Développer des centres d’intérêt pour préserver sa dignité

Il est importer de noter que toute personne âgée, en situation de handicap ou de dépendance, conserve la liberté de communiquer, de se déplacer et de participer à la vie en société, donc sa dignité.

La vie quotidienne doit donc intégrer leur rythme d’existence, leurs exigences et leurs difficultés. Les seniors, quant à eux, doivent conserver des activités puisque les besoins d’expression et les capacités d’accomplissement existent à tout âge, même chez des personnes présentant un affaiblissement intellectuel ou physique sévère.

Développer des centres d’intérêt est une façon de maintenir le sentiment d’appartenance et d’utilité tout en limitant l’isolement, la sensation de dévalorisation et l’ennui. Raison de plus pour ne pas avoir honte de solliciter d’autres personnes pour partager des moments agréables autour d’une passion ou d’un loisir commun ! La participation volontaire à des réalisations valorisantes (familiales, mais aussi sociales, économiques, artistiques, culturelles, associatives, ludiques, etc.) doit être favorisée.

Les Amis d’Hubert est totalement en phase avec ce concept puisque la start-up replace les relations humaines au cœur des vies : « Notre plateforme web met en relation des personnes âgées avec des intervenants de 18 à 78 ans qui organisent des activités ludiques en fonction des centres d’intérêts en commun afin qu’un vrai lien se crée en les deux personnes », explique Adèle Debost, la fondatrice. Un projet réel qui améliore non seulement les liens sociaux mais aussi la dignité et le sentiment d’appartenance.

 

Vous l’aurez compris, la question de la dignité humaine mérite encore d'être travaillée, notre société restant plutôt hésitante sur le sujet. Et vous, qu’en pensez-vous ?